Actualités : Trois résurrections à Bélesta par Patrick Ousset

Trois résurrections à Bélesta par Patrick Ousset
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Trois résurrections à Bélesta
Patrick Ousset

Le patrimoine local, c'est-à-dire ce qui nous a été légué par nos anciens après qu’ils l’eurent élaboré à force de courage, d’abnégation et, parfois, de souffrances, mérite pour le moins d’être entretenu et valorisé. Ce n’était pas le cas à Bélesta pour 3 sites remarquables laissés à l’abandon avant qu’une toute petite poignée de bénévoles les restaurent tout au long de l’année 2019.
Voici l’histoire de ces 3 « résurrections » :
Le canal du moulin (ou canal du Casteillat)
Privé d’eau depuis plus de 10 ans, le canal était dans un piteux état, une végétation envahissante et anarchique prospérant dans son lit et sur sa promenade; la presqu’île située en amont avait étélaissée elle aussi en déshérence. Conscients que c’était le patrimoine communal qui était ainsi mis à mal, situation qu’ils jugeaient inacceptable, les bénévoles se sont tout d’abord attelés à nettoyer la presqu’île ainsi que ses abords et à créer une rocaille fleurie en bordure de rivière. Ensuite, les attentions se portèrent sur le canal et ses berges ; pendant plusieurs jours il fallut tondre, ratisser, émonder, défricher et tronçonner.
Un « gros morceau » attendait le petit groupe d’amis; la  consolidation de la berge-promenade du canal qui s’était affaissée sur une longueur de 35 mètres. Pour ce faire, une murette fut construite mais, avant que la dernière pierre ne soit posée, il fallut, pendant 1 mois,activer une noria de brouettes chargées de ciment et de cailloux, dont certains pesaient bon poids. L’ouvrage terminé, il fut décidé de parachever le travail en rehaussant un des murs jouxtant la passerelle située en amont du canal et en y adjoignant un puits/jardinière du plus bel effet. Par ailleurs plusieurs jardinières en pierre et en moellon furent créées le long du canal. Commencé au début de l’été, le chantier prit fin définitivement le 29 novembre.
Ce lieu de promenade a retrouvé son lustre d’antan ce qui a fait dire à un Cabos (nom donné aux habitants de Bélesta) : « Cet endroit, un des plus remarquables de Bélesta, m’évoque maintenant une petite Venise ». C’est dire !
Le lavoir de La Tour
Quartier de Délalaygue à Bélesta, direction Fontestorbes, après avoir emprunté un « courrédou » très étroit on arrive sur une bande de terre bordée d’un côté, par un canal et, de l’autre, par la rivière l’Hers. Sur cet îlot est érigé un lavoir, dit lavoir de La Tour, bâti dans la 1ère moitié du siècle dernier. Faute d’entretien, les bassins étaient à sec ; les remettre en eau ne fut pas chose aisée : il fallut creuser une tranchée d’1,50 mètre de profondeur pour pouvoir extirper la racine d’un gros frêne qui obstruait l’arrivée d’eau et mettre en place des boisseaux pour éviter que cela ne se reproduise. Le système de régulation d’eau (levier + trappe) était complètement détérioré ; il fut réparé.
Par ailleurs, 2 mois de travaux acharnés furent nécessaires pour mettre en valeur l’environnement immédiat où la nature avait repris ses droits : débroussaillage, bucheronnage, élagage, nettoyage des berges du canal et de la rivière, peinture de grilles et de solives, création d’une « pountille » et de marches pour un accès plus aisé au lavoir, dépose et repose des tuiles du toit de ce dernier après en avoir consciencieusement retiré l’amas de feuilles et d’humus qui s’y était déposé, voilà ce qui fut fait.
Maintenant, les lavandières pourraient, comme au siècle dernier, revenir faire leurs « ruscades » dans les meilleures conditions dans cet endroit qui était alors un magnifique lieu de vie.
Le bassin de Péchafilou
En quittant Bélesta en direction de Puivert on accède facilement, depuis l’avenue de Quillan, au domaine de Péchafilou dominé par une bâtisse remarquable bordée de chênes multiséculaires et connue sous le nom de château de Péchafilou. En contrebas, il y a un bassin où têtards et salamandres élisent domicile et où, jadis, le bétail venait se désaltérer. Ce bassin, largement alimenté par la source de Péchafilou, accueillait une eau douce, claire et pure que les habitants de Bélesta venaient quêter dans des cruchons pour la préparation des repas et la consommation familiale.
Depuis plusieurs années un problème d’écoulement des eaux provoquait un débordement permanent et, subséquemment, la création d’une large mouillère rendant la zone inhospitalière. Là aussi, le petit groupe de bénévoles s’est attelé à résoudre ce problème : deux tranchées de 20 mètres de long furent creusées pour dégager les canalisations existantes bouchées et détériorées qui furent remplacées par des buses adaptées. Par ailleurs, deux regards d’écoulement furent créés dans le prolongement du bassin. Des arbres envahissants furent tronçonnés et herbes et ronces furent débroussaillées. La pierre du bâti de l’abreuvoir et du réservoir d’eau, noircie par le temps et boursouflée de concrétions calcaires, fut remise en évidence.
Un abreuvoir désaffecté situé en contrebas du bassin avait été rempli de gravats ; débarrassé de ces déblais et rempli de terre végétale, il forme maintenant une magnifique jardinière qui égaie le site.
La récompense de toute cette énergie déployée pour remettre en majesté ces 3 sites, c’est de constater que les habitants de Bélesta se les sont réappropriés, rendant ainsi hommage à ceux qui en furent à l’origine, c'est-à-dire nos aînés et leur merveilleux savoir-faire.
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